Accueil > Pétitions, tribunes, appels... > Ramy Shaath, militant palestinien menacé d’expulsion

Ramy Shaath, militant palestinien menacé d’expulsion

Signer la pétition

mardi 19 mai 2026

Ramy Shaath est une figure politique palestino-égyptienne, proche conseiller de Yasser Arafat et fils de l’ancien ministre des affaires étrangères palestinien Nabil Shaath.

Engagé pour les droits humains et la justice, il a consacré sa vie à la défense des libertés contre l’oppression et l’occupation.

Arrêté en Égypte en juillet 2019 pour son engagement, il a passé plus de deux ans et demi en détention provisoire, sans charge ni procès. Libéré en janvier 2022 suite à une campagne internationale et au prix de l’abandon forcé de sa nationalité égyptienne, il est expulsé vers la France, pays de son épouse, et aujourd’hui de leur enfant.

Après avoir d’abord été accueilli à bras ouverts par le Président de la République, le ministère de l’Intérieur lui a fait subir deux ans et demi de répression silencieuse, refusant de lui renouveler son titre de séjour. Le gouvernement français actuel engage à son encontre une procédure d’expulsion. Epoux et père de ressortissantes françaises, c’est toute sa famille qui est menacée par un nouvel exil, une nouvelle séparation ou un déracinement. Nous refusons.

Pour signer la pétition :
https://actionnetwork.org/petitions/exigeons-larret-immediat-de-la-procedure-dexpulsion-a-lencontre-de-ramy-shaath?source=direct_link&

Communiqué de Ramy Shaath concernant la volonté de l’expulser de France

Des accusations fabriquées d’« apologie du terrorisme » aux tentatives d’expulsion illégales : le gouvernement français ne réduira pas la voix palestinienne au silence

Deux ans et demi de génocide en Palestine occupée.

Deux ans et demi de complicité officielle française avec l’armée génocidaire.

Deux ans et demi de livraisons d’armes, d’échanges de renseignements et de couverture politique, juridique et médiatique, permettant à l’occupation de poursuivre son génocide contre le peuple palestinien à Gaza.

Durant cette période, la répression s’est intensifiée contre les partis, les syndicats, les mouvements et les individus engagés dans le mouvement de soutien à la Palestine qui exigent l’arrêt du génocide et la mise en cause de ses responsables.

La communauté palestinienne a, elle aussi, subi une offensive raciste systématique – à travers les poursuites, les procès, les expulsions, les renvois du travail et de l’éducation. Une campagne maccarthyste visant à faire taire la voix palestinienne qui réclame justice et liberté, et à piétiner les droits des Françaises et Français d’origine palestinienne.

C’est dans ce contexte que j’ai fait l’objet d’une tentative de montage judiciaire sous l’accusation d’« apologie du terrorisme » – une affaire classée sans suite par le parquet, révélant ainsi le caractère malveillant de cet acharnement systématique et l’absence totale de fondement juridique derrière ces allégations.

Lorsque cette tentative de me viser par la voie judiciaire a échoué, l’acharnement administratif a pris le relais, au moment du renouvellement du titre de séjour auquel j’ai droit en tant qu’époux et parent de ressortissantes françaises. Mon droit et le leur a été manipulé, malgré les nombreuses procédures que nous avons engagées pour défendre nos droits. Cette obstruction illégale a été utilisée pour m’empêcher de voyager et de travailler, dans une tentative de me réduire au silence, de m’empêcher d’exercer mon droit – et mon devoir – de dire la souffrance de mon peuple sous occupation et de défendre, avec fermeté, ses droits politiques.

Et cela ne s’est pas arrêté là. L’escalade s’est poursuivie avec la fermeture de mon compte bancaire, sans préavis ni motivation légale, puis avec la suspension de mes droits à l’assurance maladie au prétexte du non-renouvellement de mon titre de séjour – un enchaînement qui met directement ma vie en danger, d’autant que j’ai subi deux opérations du cœur.

Aujourd’hui, dans le prolongement de cette politique, la préfecture de Nanterre souhaite m’expulser du territoire en me qualifiant de « grave menace à l’ordre public » français, au mépris flagrant de mes droits, de ceux de mon épouse française, Céline Lebrun, et de ceux de ma fille palestino-française.

Au lieu de mettre fin à sa complicité dans le génocide, et de présenter les excuses que l’Histoire lui imposera un jour, le gouvernement français intensifie sa campagne raciste contre les Palestiniens en France, et plus largement contre le mouvement de soutien à la Palestine, dans l’espoir de priver le peuple français de son droit à écouter, débattre et comprendre. Il a tenté de faire adopter une loi destinée à interdire toute parole sur la Palestine ; et malgré l’échec de cette loi liberticide, le gouvernement utilise aujourd’hui contre moi les mêmes idées discréditées.

C’est l’illusion qui accompagne tous les systèmes de tyrannie : croire que réprimer des individus peut tuer une idée. Or l’histoire prouve que les idées de vérité, de justice et de liberté ne meurent pas : elles s’étendent.

La Palestine ne peut être niée. Son identité ne peut être effacée. Elle ne peut être vendue à un colonisateur étranger.

J’ai consacré toute ma vie à affronter le colonialisme et la tyrannie. J’ai subi de nombreuses formes de répression. J’ai été arrêté et emprisonné en Égypte sans aucun fondement juridique, dans une tentative de m’empêcher de dénoncer l’injustice, l’oppression et l’exploitation. Ces tactiques autoritaires ne m’ont pas intimidé hier, et elles ne m’intimident pas aujourd’hui. Tant qu’il me restera un souffle, je crierai : Free Palestine.

Ma famille et moi ferons face à toutes les tentatives de répression, d’intimidation et de séparation familiale. Nous contesterons cette décision devant la justice française, puis devant la justice européenne s’il le faut. Et collectivement, nous ferons face à une campagne fondée sur des tactiques d’intimidation et d’incitation, sur des informations, des instructions et sur le langage des services de renseignement de l’armée génocidaire, avec pour objectif de réprimer le peuple palestinien et de réduire au silence les millions de Françaises et de Français attachés à la vérité, au droit, à la justice et à la liberté pour la Palestine.

Et la Palestine prouvera toujours que la force de la vérité et de la conscience l’emportera sur celle des armes et du pouvoir.

Vive la Palestine.

Ramy Shaath

Paris, 16 mai 2026