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Gaza. Génocide en cours
dimanche 18 janvier 2026, par
Lettre de Gaza
Début 2026. Difficile pour moi de dresser un bilan après plus de deux ans d’agression horrible.
Gaza est une enclave abandonnée, 2.300.000 Palestiniens laissés à leur sort par la communauté internationale après 28 mois d’agression. La situation est dramatique malgré le cessez-le feu du 13 octobre dernier, accord fragile, sans cesse violé par l’occupation (déjà presque 436 morts et 1250 blessés palestiniens en trois mois).
L’occupation impose maintenant une ligne jaune à l’intérieur du territoire de Gaza, et empêche les Palestiniens d’aller voir leurs maisons ou ce qu’il en
reste derrière ce que l’armée appelle « la nouvelle frontière de Gaza ». Dans les faits, cela signifie que la bande de Gaza est amputée de 58% de sa superficie, tout cela sans aucune réaction du côté international qui, malheureusement, oublie Gaza, n’en parle plus ou bien rarement depuis le 13 octobre. Il y a un cessez-le-feu, donc tout va bien.
La situation est tragique pour tous les Palestiniens de Gaza, notamment les déplacés dans les tentes. En effet, il y a eu plusieurs vagues de pluie extrême et
de tempêtes (entre fin novembre 2025 et début janvier 2026) qui ont malheureusement détruit 29.000 tentes.
Ces tentes distribuées par les organisations internationales étaient arrivées déjà déchirées. Elles ne sont pas solides, elles sont faites pour une utilisation de quelques semaines .
Les organisations humanitaires internationales qui les distribuent n’ont pas d’autres choix que de distribuer ces tentes car l’occupation, sous les yeux de la communauté internationale, empêche l’entrée de caravanes qui permettraient aux Palestiniens de vivre un peu plus décemment.
Les citoyens, quand ils ne meurent pas sous les balles de l’occupant qui continue à tuer, meurent de froid ou sous des immeubles ravagés par les
bombardements qui s’effondrent sous les coups de la tempête, alors que l’aide humanitaire est toujours limitée. Pendant ces vagues de pluie et d’orages, la ville
est inondée. L’eau envahit les tentes, le froid mord le corps des enfants.
En Cisjordanie occupée, la situation est de pire en pire, avec les incursions militaires dans les villes palestiniennes, les attaques sanglantes des colons et
l’accélération de la colonisation !
L’ONU a voté fin décembre dernier (à 164 voix pour et 8 contre) le droit des Palestiniens à l’autodétermination. Mais les Palestiniens sont enfermés, bouclés de toutes parts, à Gaza comme en Cisjordanie, leurs biens détruits ou pillés, leurs terres confisquées.
75 % des Palestiniens de Gaza vivent sous des tentes car ils ont tout perdu ! Seuls 10 % vivent encore dans
leurs maisons, même partiellement détruites. Les habitants ont fait quelques travaux pour pouvoir s’installer dans leurs murs. Les autres, 15 %, louent un
appartement ou une maison et paient des loyers très élevés.
Personnellement, j’habite dans un immeuble visé par des bombes avec 7 autres familles. On essaie de s’adapter, il n’y a pas de vitres aux fenêtres et on
met du nylon, mais ça n’est pas solideet ça se déchire facilement avec le vent. On doit souvent acheter de nouvelles protections en matière plastique mais
c’est difficile.
La nourriture n’arrive pas en quantité suffisante dans la ville de Gaza. Sur les 600 camions prévus dans
l’accord de cessez-le-feu, seuls 120 dans le sud et 50 à 80 dans le nord peuvent entrer. Parmi eux, 50 à 60 % sont destinés aux organisations internationales comme l’UNRWA et le Programme Alimentaire International et
40 %, seulement pour le secteur privé.
Les ONG s’occupent en priorité des déplacés sous tente et non des Palestiniens dans les ruines de leur maison. C’est la raison pour laquelle les prix dans le Nord sont beaucoup plus élevés que dans le Sud (ex. une bouteille
de gaz de 10 kg coûte entre 400 à 450 Euros et les habitants sont par conséquent obligés de chercher du bois pour faire la cuisine et pour se chauffer).
Aujourd’hui, je suis en colère contre la communauté internationale, contre les Organisations internationales, contre l’occupation, contre le monde officiel qui laissent les Palestiniens de Gaza sans nourriture, sans eau potable, sans médicaments, avec une absence totale
de perspective.
Zyad Medoukh
Lundi 12 janvier
