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Nouvel An avant l’heure Est-ce un mot ancien...
vendredi 2 janvier 2026
Nouvel An avant l’heure
Est-ce un mot ancien que le monde répète tel un souffle épuisé d’une prière sans fin ?
Que reste-t-il du Nouvel An
quand l’Europe retient son souffle au bord du chaos et que la paix en Palestine n’est plus qu’un nom gravé sur la pierre froide d’une fosse commune ?
Est-ce le temps qui renaît
ou seulement un calendrier usé et flasque qui tourne ses pages
sans y lire les corps brisés
les cris mêlés aux larmes
sourd à la lâcheté muette
où le monde consent à l’irréparable ?
En ce jour que l’on nomme renouveau
je me tiens face à la fragilité du mot espérance comment célébrer le passage du temps
quand l’humanité elle-même s’effondre sur ses ruines ?
Comment parler d’avenir
quand l’Europe s’avance en titubant vers la guerre quand la paix en Palestine est mutilée
ensevelie en silence complice sous les décombres ?
Et que dire
des charniers où le peuple soudanais s’efface lentement non sous le poids de l’oubli
mais sous le souffle glacial de l’indifférence humaine ?
Le Nouvel An
ne pourrait être pour moi
ni simple rituel
ni une fête éclairée par l’oubli volontaire.
Il ne saurait être innocent
il se doit d’être un serment — un cri — un combat. Un engagement où je choisis la vie
quand la mort devient banale
où je défends la dignité quand elle dérange les intérêts des assassins
où je protège l’humain quand les idéologies et la foi le piétinent.
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Là où l’on compte les morts — qui sont pourtant nos frères je refuse l’arithmétique du désastre
et choisis de compter
les consciences des éveillés.
Là où l’on fabrique la guerre
je rappelle et je crie que la paix
n’est ni faiblesse ni naïveté
mais l’acte le plus courageux
le plus noble dans un monde qui y a renoncé.
Si le Nouvel An a encore un sens
qu’il soit pour moi celui d’un refus : refuser l’oubli organisé
refuser l’indifférence confortable refuser que la souffrance des peuples devienne le décor familier de l’histoire.
Et qu’il soit aussi une promesse — fragile, obstinée et humaine : Celle de rester un être debout comme une lance
quand le monde vacille
et alors que le temps lui-même
semble perdre la mémoire.
Salah Al Hamdani
24 décembre 2025
